Remplissant une grand pichet de vin cuit le vieil homme commencera à présider au rite de la libation. Dignité souriante et sérénité en s'inclinant sur le récipient pour réciter à voix basse une prière pendant qu'autour de lui tous les autres, debout, tête baissée, observent un silence religieux. Puis il versera trois brèves libations sur la bûche, au Père, au Fils et au Saint Esprit, avant de s’écrier avec vigueur : « Allégresse ! Allégresse ! Dieu est Allégresse ! »

Et comme il prononce les derniers mots de cet incantation, « Noël arrive », un énorme fagot de branches d'olivier est allumé sous la bûche cérémonielle et tout le foyer s'embrase, illuminant les visages réjouis des assistants, comme s'ils s'étaient eux-mêmes enflammés en adhésion avec les paroles de l'invocation ; alors tout le monde s'embrasse à nouveau et applaudit tandis que le vieil homme remplit encore de vin le vase cérémoniel, mais cette fois le fait passer comme une coupe d'amour, en commençant par le plus jeune des enfants ; et ainsi de suite par rang d'âge jusqu'à ce qu'il soit revenu dans ses mains . Puis la tête renversée en arrière, il boit le fond du récipient tandis que le reflet des flammes jouent sur sa gorge basanée...